Pierre Huttner - Réflexions sur "La Russie sous l'avalanche" d'Alexandre Soljénitsyne

INTRODUCTION.

 

Россия в обвале – La Russie sous l’avalanche  - est un magnifique petit livre, le dernier qu 'Alexandre Soljenitsyne a publié en 1998, à l'âge de 80 ans!  Nous vivons à une toute autre époque, mais on n'oubliera pas que c 'est  la publication à l'étranger de son grand livre «l'Archipel Goulag» qui a contribué à la chute de l'URSS elle-même!

 

Depuis sa mort, survenue à près de 90 ans en 2008, l'immense popularité du grand dissident des années 1953-1974, si admiré encore jusqu'à sa mort en 2008,  donne tous les signes d'avoir subi une éclipse.  Des Russes rencontrés en 2015 m'ont même parlé de lui comme d'»un mauvais écrivain», un mauvais patriote ou un même un traitre à son pays! L'écrivain AndreÏ Kourkov, lors de sa visite  à Aix-en-Provence en décembre dernier m'a dit qu'il était oublié en Russie et rejeté en Ukraine!  

 

C'est un livre de protestation contre les dirigeants de la Russie – son gouvernement et ses oligarques en particulier, qui n'ont pas su choisir une solution démocratique raisonnable en imposant des réformes économiques extrêmes au pays. Il  rappelle aux Russes eux-mêmes leur égoïsme et leur indifférence au sort de dizaines de millions de leurs frères oubliés dans les nouveaux Etats Indépendants créés depuis la fin de l'URSS, pays où ils sont toujours exposés à la vindicte de peuples longtemps contrôlés par Moscou.

 

Soljenitsyne montre la démoralisation de la population russe toute entière face au chômage et au manque cruel de logements.  Il énumère les erreurs de dirigeants indifférents à la détresse et à la pauvreté des petits épargnants ruinés par l'inflation des années 1990. 

 

Soljenitsyne, cependant, ne se préoccupe réellement que du sort des Russes.  Il oublie de parler des craintes des autres peuples de l'ancienne Union soviétique - ceux des pays Baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie), des Moldaves et des Polonais si nombreux à avoir été déportés vers les camps du Goulag à l'époque soviétique, et qui ont toujours de bonnes raisons de craindre une nouvelle agression toujours possible de leur énorme voisin!

 

L'auteur rappelle les méfaits oubliés desTchétchènes, ce qui apporte de l' eau au moulin des thèses du Président V. Poutine, mais contrairement à ce dernier, Soljenitsyne expose la cupidité des dirigeants et des oligarques de la clique de Poutine, d'ailleurs resté plus populaire que jamais aujourd'hui!

 

Ce livre est une réponse à tous les Russes venus rencontrer Soljenitsyne,à son retour de 20 ans d'exil, quand il était devenu par ses livres le grand héros du pays et le seul recours apparent à tous les maux soufferts par le peuple russe désorienté sous le choc des réformes brutales imposées dans les années1990. C'est alors qu'ils s'étaient précipités vers lui pour lui demander de rappeler en leur nom aux dirigeants et au Parlement russe, la Douma, les maux dont ils souffraient. Dans le chapitre 7 on lira avec quelle indifférence insultante son discours fut accueilli par les députés, attitude qui marque de façon éloquente que le seul souci de ces derniers était de servir les nouveaux maîtres du pays ainsi que leurs intérêts propres.

 

Ce livre montre la désorganisation de l'Armée russe au sein de laquelle les recrues sont traitées si cruellemennt qu'elles en sont démoralisées!

 

Les notes qui suivent représentent un abrégé de quelques chapitres et faciliteront, j'espère, la lecture de ce livre en russe, lecture rendue malaisée par le vocabulaire recherché de l'auteur. Soljenitsyne était un grand amateur de la langue russe et cherchait à en utiliser toute les richesses!

 

La traduction française  - La Russie sous l'avalanche - par Georges Philippenko et Nikita Struve parue chez Fayard en 1998, sera donc à mon avis une aide précieuse à tout lecteur qui voudra bien suivre le texte dans son original russe Россия в обвале.                                                                                                                     

LA RUSSIE SOUS L’AVALANCHE..

 

Ce livre  est une longue protestation, un écho aux lamentations et au désarroi  des Russes rencontrés pendant  son long voyage de retour commencé en Sibérie après vingt ans d’exil. Soljenitsyne y présente un constat terrible sur l’état de son pays dans les années 1990. Le gouvernement en est responsable.

 

L’écroulement de l’URSS auquel avait contribué 20 ans plus tôt la publication à l’Ouest de son « Archipel Goulag » n’a pas été suivi de la renaissance démocratique espérée.

Les anciens dirigeants ont changé d’étiquette pour créer un système de partis multiples

qui leur a permis de s’emparer des privilèges du pouvoir.

 

Derrière cette façade démocratique ils ont créé un système économique qui a accumulé les erreurs et les abus, entrainant la ruine du pays. Ils ont trompé les espoirs que la population plaçait dans l’avènement d’un système qui n’a de démocratique que le nom.

 

Une autre voie était possible. Elle aurait consisté à mobiliser  les énergies du pays autour d’institutions vraiment démocratiques, centrées sur des conseils régionaux authentiques et sur l’entreprise locale.

 

L’auteur se fait le porte-parole d’une multitude de gens rencontrés à son retour au pays en 1994-95, tous désespérés et qui ont recours à lui pour faire entendre leurs protestations car tout va mal et les gouvernants ne font rien ! Il exprime le sentiment d’abandon ressenti par un peuple en proie aux pires difficultés.

 

2  Les premières années d’une démocratie tant attendue.

 

Les 19-21 août 1991 les gens s’exprimaient librement dans la rue. Les chefs de l’insurrection pouvaient interdire et dissoudre le parti communiste. Ils auraient pu autoriser le développement de la petite entreprise, qui aurait été la plus efficace des mesures de réforme économique ; en accordant à l’autogestion des pouvoirs réels ; dénoncer le caractère artificiel des frontières entre les républiques de l’Urss.

 

Au lieu de cela, les chefs de l’insurrection se sont emparés des centres du pouvoir – Kremlin, appartements de fonction, préoccupés uniquement par leurs intérêts égoïstes.

 

3 Des réformes pour détruire.

 

Les réformes sont menées de façon chaotique. La thérapie de choc déclenche l’inflation et  donc la montée vertigineuse des prix et le pillage des avoirs des entreprises. La production chute de moitié ! La distribution de vouchers au public est suivie par la création de banques commerciales destinées à prêter de l’argent à l’Etat. Celui-ci se retrouve dans l’incapacité de payer les salaires et les retraites. La thérapie de choc ruine les petits épargnants. Le peuple russe épuisé ne trouve pas la force de s’opposer au pillage du pays.

 

 

4 La Russie sous le choc face à l’Occident.

 

L’enthousiasme internationaliste des radicaux-démocrates russes leur a fait perdre de vue le fait qu’en politique internationale une nécessité prime, celle de fixer par un accord écrit les assurances  orales de leurs partenaires occidentaux concernant une adhésion possible des pays de l’Europe de l’Est à l’OTAN.

 

A ce propos, Soljenitsyne adopte une position très nationaliste à l’égard des pays Baltes et de la Pologne sans refusant de considérer besoin de protection des petits pays situés dans le voisinage immédiat du géant russe et exposés à toute ingérence dans leurs affaires de la part du nouvel Etat russe ! Soljenitsyne proteste contre les émissions de Radio Liberty et n’y voit qu’un agent de l’impérialisme américain. Il proteste contre les poussées antirusses en Ukraine et toute opposition à une tentative d’union de la Biélorussie avec la Russie. Il s’oppose à la création d’un cordon sanitaire allant de la mer Baltique à la mer Noire, y voyant une stratégie d’encerclement américaine. Son livre  adopte d’avance les thèses de Poutine à ce sujet dès le début des année s 2000.

 

L’auteur rappelle en l’approuvant la politique d’indépendance très ferme de la France du général de Gaulle à l’égard des USA. Il met aussi en garde contre toute adoption précipitée du modèle économique occidental.

 

5  Le fantôme de la CEI (Union des Etats Indépendants).

 

Les républiques de la CEI, aujourd’hui indépendantes, reflétant une hostilité antirusse toujours latente mais dissimulée au temps de l’URSS, poursuivent indépendamment leurs intérêts en obtenant des concessions sur le plan économique, et une protection militaire sur leurs frontières, qui s’avère coûteuse pour la Russie. Elles se détournent de la Russie et s’orientent vers les Etats de l’Orient islamique et ceux de l’Occident.  Pour Soljenitsyne, la réunification des 3 pays slaves – Biélorussie, Ukraine et Russie, serait une bonne chose, mais elle est rejetée par les dirigeants ukrainiens.

 

6  La Russie désemparée et l’Orient.

 

 Pour la Russie, l’Orient – c’est d’abord la Transcaucasie et l’Asie centrale, mais aussi la Chine et le Japon. Les gouvernants de la Russie continuent à jouer les grands frères en oubliant qu’ils n’ont plus lieu de le faire, les temps ayant changé. Ils servent les intérêts de ces pays, sauf le Japon (voir plus bas) en négligeant les leurs. 

 

En effet, ils ont abandonné de vastes territoires et près de 20 millions de ressortissants russes à l’Ukraine et au Kazakhstan. En garantissant les frontières du Tadjikistan, ils ont causé la mort de centaines de soldats russes dans des conflits frontaliers qui ne les concernent pas, mais exposent la Russie à des accusations d’impérialisme.

 

La Russie continue à fournir des armes à une Chine tellement plus puissante qu’elle en négligeant de développer une Sibérie  par ailleurs dépeuplée et que la Chine, pays lui surpeuplé, continue à envahir irrésistiblement.  L’économie de la Chine est basée sur l’ autogestion, système  que  en fera bientôt la première puissance au monde

 

Vis à vis du Japon enfin, les dirigeants russes négligent une chance d’entamer une coopération précieuse et de se trouver une amie précieuse, alors qu’elle manque d’amis dans le monde, en restituant au Japon les îles Kouriles que la Russie n’a plus aucune raison d’occuper. Ces îles sont bien plus précieuses pour le Japon, sur le plan de la fierté national et d’un prestige ainsi retrouvé. La Russie, dont les peuples ne sont pas aussi laborieux ni  inventifs que les Chinois ou les Japonais, et tellement moins nombreux aussi, se doit d’adopter une attitude respectueuse de la civilisation de ses grands voisins d’Extrême-Orient, l’Inde, la Chine, et le Japon pour être pleinement acceptée par eux. 

 

7 Notre Parlementarisme.

 

Mandaté par une multitude de gens venus lui présenter leurs doléances afin qu’il puisse décrire aux parlementaires l’état du pays et leur indignation devant l’indifférence des députés à leur sort, Soljenitsyne est allé parler à la Douma, mais son discours tomba  dans le vide, comme si les députés ne l’entendaient pas : les uns baillaient, bavardaient ou affectaient de dormir, d’autres tripotaient leurs ordinateurs, ne se rendant même pas compte de leur ridicule de ce que ce comportement avait de dégradant, d’ insultant !

 

Cette indifférence  est le résultat d’un système électoral où les députés ne sont redevables de leur poste qu’au bureau de leur parti. Les députés en majorité ne sont ni consciencieux, ni compétents ni très qualifiés professionnellement. Le scrutin permet d’être élu avec 25% des voix à des gens très ordinaires, de vulgaires exécutants. Les électeurs ne connaissent pas le nom de leurs élus. Ceux-ci mènent une existence confortable, se dérangeant peu pour assister aux séances, préférant les rencontres interparlementaires qui leurs apportent de gros avantages.

 

Leur seule préoccupation est d’être réélus, et ils ne sont redevables de leur poste qu’au choix de leur bureau dont les décisions sont secrètes La Douma n’est qu’un accessoire décoratif d’un système qui n’a rien de représentatif ! Il n’y a aucune autogestion locale et pour cause, car celle-ci représenterait une concurrence dangereuse pour la Douma et pour le gouvernement.

 

8 Le pouvoir en soi.

 

Sous le régime actuel, les citoyens sont écartés de toute influence sur l’action des dirigeants de la Russie, que la patience de son peuple rend si commode à gouverner et dont il est si commode d’exporter des millions et des milliards.  L’appareil de l’Etat est rongé à 90% par la vénalité et la recherche du profit personnel. La criminalité a pénétré toutes les sphères de l’Etat, y compris les plus hautes. On a du mal à distinguer le banditisme effréné et le gouvernement sain du pays ! La caractéristique fondamentale du régime précédent, communiste était l’opacité du gouvernement et son irresponsabilité devant le peuple. Ce qui se dit dans la presse, le pouvoir l’ignore. Les paravents de la démocratie ne sont utilisés que pour protéger une oligarchie cupide et tromper l’opinion publique internationale. Le pouvoir législatif est aux ordres de l’exécutif et le pouvoir judiciaire manque de moyens. L’opinion publique des cercles cultivés qui un moment avaient cru aux réformes avant de réaliser leur caractère illusoire, a perdu courage.

 

Il y a enfin le pouvoir de l’argent : quinze grandes compagnies et banques contrôlent 75% de l’économie nationale. En Russie, les chaines de télévision ont chanté les louanges de son candidat favori, son état de santé critique ayant été dissimulé aux électeurs.. Les dirigeants communistes, craignant de remporter la victoire ont accepté un compromis avec le pouvoir oligarchique. Ce qui arrangeait bien le Président Eltsine qui, en échange fit passer des décrets favorisant « l’entente et la réconciliation » !

On peut s’étonner de la relative popularité du parti communiste à la fin des années 1990, mais beaucoup de gens qui n’avaient pas souffert directement du Goulag  et souffrant des conséquences du capitalisme sauvage s’étaient mis à regretter la vie tranquille où tout était fourni par l’Etat soviétique dix ans plus tôt.

 

La protestation de Soljenitsyne pour moi atteint ici un sommet quand il rappelle qu’en 1997, quand « fut atteint le jour du 80-ème anniversaire du coup d’Etat bolchevique, aucune mention dans le discours du Président ne fut faite des prisons de la Tchéka et des camps du Goulag, mais un appel à « comprendre et pardonner ceux qui ont commis une erreur historique fatale ».

 

Soljenitsyne, lui, met en particulier l’accent sur le fait que la Russie  oublie le sort de 25 millions de compatriotes russes coupés de leur pays dans la course aux indépendances. Il reviendra à la charge dans le chapitre suivant.

 

9. Métèques en 24 heures.

 

Depuis quelque 25 ans, les Russes implantés dans d’autres républiques de l’ancienne URSS sont devenus des étrangers indésirables en butte à l’hostilité des autochtones de la nouvelle CEI. Souvent privés de leurs emplois, de leur retraite ou de leurs logements et pour les plus jeunes de pouvoir faire des études, ils cherchent à se réfugier en Russie, mais souffrent de l’indifférence des dirigeants russes et de la population en général à cause du manque d’emplois et de logements disponibles.

 

10. Les réfugiés. 

 

Ayant choisi, faute de mieux, de devenir agriculteurs en créant des villages à la campagne, ils ont été accablés d’impôts et obligés de loger dans des caves ! La France en 1962 a pu reloger un million de réfugiés d’Algérie, et les Allemands rapatriés d’Allemagne de l’Est ont été incomparablement mieux aidés que les Russes des nouvelles républiques de la CEI. Leur détresse a été traitée par les dirigeants et la presse avec la plus totale indifférence, une attitude qui marque aux yeux de Soljenitsyne la déchéance du peuple russe

 

 11. Les migrants.

 

Malgré les interdictions officielles, les migrants Azéris, Arméniens, Ouzbeks ou Tadjiks ont pu  s’installer dans les grandes villes et dans les régions de Rostov sur le Don en achetant l’accord des autorités, alors que les réfugiés russes n’obtenaient ni logement, ni travail !  La Russie, ayant signé la Convention de Genève, est obligée de recevoir les étrangers. Il y en a 400.000 dans la région de Moscou. Même les pays occidentaux souffrent de cette immigration massive ! 

 

12. La tragédie slave

 

Soljenitsyne s’oppose à toute alliance avec les pays slaves  d’Europe (la Pologne, Tchéquie, Bulgarie ou Serbie). Par contre, il déplore la passivité des 12 millions de Russes qui préfèrent vivre en Ukraine par intérêt (le coût de la vie y étant moindre qu’en Russie. Il critique l’état d’esprit anti-russe de l’armée ukrainienne qui n’avait nul besoin de se sentir menacée et la politique de l’Ukraine visant à bouter la Russie hors de la mer Noire. Il critique le désir en Ukraine de soutenir le séparatisme régional en Russie dans le but de favoriser le morcellement de la Russie.

 

Soljenitsyne souhaite à l’Ukraine le succès sur la voie de l’indépendance, mais elle a eu tort d’accaparer des terres ne lui ayant jamais appartenu  avant Lénine (plusieurs régions du Don, une grand partie de la côte de la mer Noire et la Crimée). La Crimée, cadeau de Khroushchev n’aurait jamais dû être accepté par l’Ukraine, car elle ne lui avait jamais appartenu.

 

La réunification de la Biélorussie avec la Russie est souhaitable mais elle se heurte à des querelles de personnes et surtout à des accusations d’atteintes aux droits de l’homme. Celles-ci sont justifiées mais les droits de l’homme ne sont pas davantage respectés en Russie, en Ukraine ou au Kazakhstan !

 

13. En Tchétchénie

 

La Russie aurait dû reconnaître dès 1991 l’indépendance de la Tchétchénie en imposant une frontière sur le Terek du côté russe. Mais pendant trois ans les dirigeants russes ont permis une véritable Terreur dirigée contre un demi-million de Russes (viols, meurtres, spoliations) déchaînée contre un demi-million de non-Tchétchènes, avant tout des Russes. En Russie, les défenseurs des droits de l’homme n’ont rien dit sur ce qui fut une purification ethnique aussi brutale que celle de Bosnie !

 

Au bout de trois ans d’inaction complète, le gouvernement russe est entré en guerre contre la Tchétchénie en 1994. Cette « sale guerre » a été justifiée par la nécessité de préserver l’unité de la Russie, sinon « e Caucase aurait fait sécession et la Russie allait se désintégrer », mais elle fut menée d’une manière désastreuse et se termina par la capitulation russe ! Les 200.000 à 300.000 Russes qui ont pu échapper aux mauvais traitements et même à l’esclavage ont été considérés par les autorités russes comme un fardeau excessif une fois la guerre finie. Honteuse fin d’une guerre criminelle !

 

14. Et encore, encore des exclus

 

Le pouvoir se désintéresse des campagnes qui survivent dans l’indifférence du pays. Elles manquent cruellement d’investissements, le cheptel y a été  abattu. Les machines agricoles manquent. La démoralisation règne.  Les gens boivent, végètent sans ressources, alors que les terres devraient être restituées aux paysans auxquels elles avaient été confisquées mais aucun effort n’est entrepris dans ce sens.

 

L’enseignement secondaire ne va pas mieux, tant la la misère des écoles et celle des enseignants est grande. Les enfants sont les premiers à en souffrir. Ils sont les plus exclus !

 

15. L’armée, une déroute sans guerre

 

Le bizutage est une pratique dégradante qui conduit beaucoup de jeunes au suicide. Faute d’effectifs, on envoie même des déséquilibrés. Les appelés sont de véritables enfants, physiquement très diminués. Il y a très peu de gens instruits parmi les officiers et ceux-ci quittent massivement l’armée.  Il y a une fuite des cerveaux vers l’étranger. La solde est payée en retard et les officiers font des petits boulots. L’armée est délabrée mais les réformes nécessaires se font attendre faute de moyens. Même le budget des forces nucléaires a été réduit !

 

16. Comment respirer ?

 

Tout n’est qu’apparence. Les responsables sont corrompus. On ne retrouve jamais les assassins (Pensez à Nemtsov !) et le prix d’une vie humaine ne représente rien. Le crime organisé contrôle l’opinion. La Justice est impuissante. La population se nourrit grâce aux lopins individuels. Des régions entières sont livrées à elles-mêmes.

 

La médecine manque de médicaments. L’effondrement démographique de la population russe laisse présager sa disparition pure et simple. Elle disparaît au rythme de 1 million par an, une chute unique au monde.  Les familles russes ne comptent que 1,4 à 1,8 enfant par femme. A ce train, en 2050 les Russes ne représenteront que la moitié de la population ! La mortalité infantile est deux fois et demie supérieure au reste du monde. Dans les villes, c’est la natalité qui baisse, dans les campagnes c’est la mortalité qui augmente. L’espérance de vie des hommes est tombée à 57 ans. Le nombre des femmes est de 9 millions supérieur à celui des hommes. La mortalité des hommes est due à la consommation d’alcool frelaté, à la perte de confiance en soi et aux dizaines de milliers de suicides par an. Des centaines de milliers de jeunes n’ont aucune perspective. Les petites villes sont asphyxiées par le chômage. C’est une société d’exclus.

Les liens sociaux sont réduits à zéro. Personne n’est concerné par ce qui arrive aux autres.  Ce n’est pas de la vie, c’est de la survie !

Le travail honnête ne nourrit pas son homme.

 

 

                                                                                                                                                      

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      

 

     

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