Voyage en Bouriatie par Transsibérien par Patrick MICHAILLE

Datcha Kalina, association
slavophile d'Aix-en-Provence, avait mis dans son programme
un voyage en Bouriatie (Sibérie centrale), au pays
des chamanes. Transsibérien de Moscou à Irkoutsk,
sur les pas de Michel Strogoff ; séjour dans l’île d’Olkhon,
sur le lac Baïkal, haut lieu du chamanisme ; train
de nouveau jusqu’à Oulan-Oudé, capitale de la Bouriatie,
avec visite d’un monastère bouddhique ; logement chez l’habitant, dans un village de « Vieux-Croyants ».
Un beau programme culturel, du 27 août au 8 septembre 2013, qui a attiré 15 membres des environs d’Aix, accompagnés par Caline et Patrick.
Regroupement à l’aéroport de Marignane, pour le vol direct de 14h30 pour Moscou, sur Air France. La file d’attente à l’embarquement, qui me remémore les interminables queues de la tradition soviétique, nous permet de faire la connaissance des compagnons de voyage. L’avion est à l’heure, vol paisible mais sans luxe : les sièges sont allégés au maximum et ont perdu leur moelleux, les dossiers ne basculent plus : les « low-costs » ont fait des ravages sur le confort à bord !
Quatre heures de vol en commençant par longer la côte (eh oui, la Russie est plus à l’Est qu’au Nord !), à travers l’Autriche, la Pologne et la Biélorussie, et nous
voilà à l’aéroport Shérémétiévo, le plus grand des 3 aéroports de la capitale. Je ne retrouve pas le bâtiment gris et mal éclairé des années 70 : nous traversons
une nouvelle aile, couleur brique claire et lumineuse.
L’interminable attente pour le visa d’entrée a disparu, et nous voilà accueillis par notre guide Svetlana, qui appelle le chauffeur du car avec son mobile.
Pour rejoindre l’hôtel Gamma à Izmailovo, il nous faut parcourir la chaussée de Léningrad (pas débaptisée) qui est l’aboutissement de la route de Saint Pétersbourg
à Moscou, et emprunter le périphérique vers l’est. Le temps de nous répartir les chambres en appariant de préférence les couples mariés (le passeport, faisant référence au patronyme, est source de confusion), il est déjà 23 h, trop tard pour prendre le métro et faire un saut sur la place rouge ! Nous nous consolons
avec des blini au caviar rouge et de la bière « du tonneau».
 
Le 28, déjeuner – pas petit, plutôt copieux : de quoi faire un vrai repas ! Poissons, viandes, pirojki (petits chaussons) et pelméni (ravioles à la viande)… il ne manque que la vodka ! Michel arrive mal réveillé alors que je me suis déjà sustenté, prudent quant aux horaires russes (la matinée s’annonce bien remplie).
Nous chargeons nos bagages dans le car, et en route pour la Place rouge ! A cette heure-là, il vaut mieux prendre le métro, car la ville est complètement embouteillée, mais en groupe avec les bagages, ce n’est guère pensable. Arrivée par le sud, à travers Kitai gorod (la ville chinoise), je suis surpris par l’absence du quadrilatère massif que formait l’hôtel Rossia, et que rien n’a remplacé : à la suite de malversations diverses, il n’y a encore qu’un terrain vague ! Le car se gare près du Manège, à l’entrée du Kremlin réservée aux touristes :
il faut désormais satisfaire à l’inspection des sacs aux rayons X et traverser le portique magnétique. Décompte à la sortie : il nous manque Michel ! Conciliabule :
non, personne ne l’a vu dans le car ! Après plusieurs
tentatives d’appel à l’hôtel, il finira par prendre un taxi et nous retrouver en fin de matinée …
Les émotions dissipées, nous franchissons les murailles de la citadelle et longeons le
P a l a i s d e s Congrès ;
dans les années 70, c’était la seule salle de spectacle avec le Bolchoï où le buffet
offrait des canapés au caviar, au même prix que le saucisson dans les autres salles.
C’est avec un plaisir renouvelé que je reste en admiration devant les iconostases et les fresques des églises, même si certaines sont à cette heure fermées pour cause d’office religieux, et que je contemple la splendeur des coupoles, qui se détachent sur le ciel bleu.
Visite au pas de course du palais des armures : compte tenu de l’affluence, les durées sont limitées. Svetlana connaît chaque vitrine, et a sur chacune une anecdote
concernant un objet qu’elle contient. Cela vaut aussi bien que de vouloir tout regarder sans connaître l’histoire liée à ces trésors.
Après avoir retrouvé Michel et sa valise, il est temps d’aller déjeuner. Caline connaît un iolki-palki (chaîne de restaus sympas, décorés à l’ancienne) tout près de
l’avenue de Tver, la rue chic de Moscou. En passant, je constate que l’hôtel Intourist (grand immeuble gris et triste, mais où j’ai le souvenir d’avoir bu, à un retour de
mission sur les Rapides, de la vodka dans une théière, à l’époque du régime sec de
Gorbatchev) a été remplacé par un 5 étoiles Ritz-Carlton, d’une architecture assez peu
avenante : gros blocs de granite marron …
Nous allons à pied visiter la Place Rouge : à l’entrée, Poutine, Lénine et Nicolas II discutent ferme autour d’une table.
Au milieu de la place, préparatifs pour le spectacle international de musique militaire, si bien qu’on se croirait à Disneyland ! A contrario, dans la cathédrale Notre-Dame de Kazan, les jeunes n’hésitent pas à venir faire une courte prière en passant. Nous photographions la statue de Minine et Pojarski avant de faire le tour de la basilique de Basile-le-Bienheureux, toujours aussi haute en couleurs.
L’après-midi est déjà bien avancé. En longeant la Moscova, nous prenons la direction du quartier de l’université sur le mont Lénine, qui a retrouvé son nom originel de Mont aux Oiseaux, pour avoir une vue panoramique sur Moscou.
Ô surprise : je découvre à gauche un nouveau quartier ,« Moscow City », à mi-chemin dans la mégalomanie entre la Défense et Pudong.
Nous redescendons sur la Moscova pour admirer l’extérieur du couvent de Novodiévitchi, et prendre en photo les murailles se reflétant dans le lac au soleil couchant.
Puis direction Komsomolskaya ou « Place des 3 gares » (sur les 9 gares
que compte Moscou), où aboutissent les convois venant du Nord-Ouest (Saint Pétersbourg, Murmansk) à la gare de Léningrad, du Sud (du Caucase à
l’Ouzbékistan) à la gare de Kazan, et de l’Est (Extrême- Orient, Mongolie, Chine) à la gare de Iaroslav : c’est là que nous prendrons le Transsibérien. Mais auparavant,
une étape s’impose : il faut faire les courses pour le trajet, qui durera 3 nuits et 2 jours ! Saucisson, purée en flocons, tomates et fruits, pain, beurre et fromage, sans
oublier vodka et jus de fruits. Chargés comme des baudets, nous rejoignons les quais, mais le train n’est pas là ! Sur le panneau luminescent, le train d’Oulan Bator
est annoncé quai N°3, un peu d’attente, et nous partons à l’assaut de notre voiture.
Déception: c’est un train mongol, pas une accompagnatrice ne parle russe!
Svetlana nous quitte déçue de ne pas avoirpu recommander notre petit groupe
à l’attention des hôtesses.
Nous passons à Vladimir dans les 23 heures, et j’en profite pour regarder
la silhouette blanche du monastère illuminé, puis nous installons nos couchettes pour la nuit. Pas trop dérangés (nous sommes les seuls dans la voiture, les autres
compartiments vides sont fermés) la journée s’étale doucement, en discussions,
lectures, repas partagés sur notre petite table.
 Une visite au wagon restaurant, histoire de se dégourdir les jambes : la bière est à 200 roubles (5 euros), c’est un peu chérot ! Mais la voiture est russe : cuisinière, et serveur sont les seuls russophones du train. Nous réservons le repas pour le soir (25 euros), mais en précisant que nous apporterons notre boisson. A la fin de l’après-midi, une surprise nous attend : le train ralentit un peu, à cause du relief, arbres aux feuilles jaunissantes, gorges peu profondes, nous traversons l’Oural. Nous redescendrons de nouveau dans la steppeavant la tombée de la nuit.
Le soir, nous retrouvons au restaurant deux Allemands, qui parlent un peu français,
deux Anglais, qui parlent anglais, et un couple de Hollandais.
Le repas est médiocre et frugal, mais l’alcool délie les langues et les toasts se succèdent !
Le temps s’écoule de plus en plus paresseusement. Nous perdons nos repères car, tant dans le train que dans les gares, l’heure affichée est celle de Moscou, indépendamment des fuseaux horaires que nous franchissons, en gros toutes les 12 h. Aux arrêts les plus longs (une demi-heure), nous partons en chasse de nourriture et de boisson auprès des marchands ambulants et dans les kiosques; l’alcool, interdit sur les quais, réapparaît progressivement à mesure que nous nous éloignons de Moscou : la bière, puis la vodka.
1er septembre - Lumière ! Il est 4h du matin, mais les accompagnatrices nous réveillent une heure avant l’arrivée à Irkoutsk, après 5200 km parcourus depuis Moscou. Je descends le premier sur le quai désert, sauf un jeune homme qui se présente comme porteur. Etonné, je rassemble mes affaires, et j’attends pour rester groupés.
Olga, notre guide, nous rejoint, et nous partons mettre nos affaires à la consigne, pour la visite de la ville. Pendant que nous formons la file d’attente, un individu massif bouscule Caline. Elle s’apercevra en vérifiant son sac à dos que son porte-monnaie a disparu, avec les 500 euros qu’il contenait… Démarches auprès de la police de la gare, pour obtenir une déclaration de vol pour la comptabilité de l’association. En vain : après 3h de discussions, elle se résoudra à déclarer une perte; pas question de laisser une trace que des vols sont organisés dans la gare !
Nous partons visiter Irkoutsk sous un crachin qui ne nous redonne pas le moral : églises, statues, maisonsen bois. La ville fut construite au milieu du XVIIè s. par
les cosaques sur l’Angara, large rivière qui sort du lac Baïkal et se jette dans l’Ienisseï vers l’Océan Arctique, au, confluent de la rivière Irkout. Sa richesse reposait sur les
mines d’or, la vente de l’ivoire des mammouths,
et l’élevage de zibeline, qui reste le symbole de la ville. L’agglomération compte aujourd’hui environ 1 million d’habitants.
Nous partons visiter Irkoutsk sous un crachin qui ne nous redonne pas le moral : églises, statues, maisonsen bois. La ville fut construite au milieu du XVIIè s. par
les cosaques sur l’Angara, large rivière qui sort du lac Baïkal et se jette dans l’Ienisseï vers l’Océan Arctique, au, confluent de la rivière Irkout. Sa richesse reposait sur les
mines d’or, la vente de l’ivoire des mammouths,
et l’élevage de zibeline, qui reste le symbole de la ville. L’agglomération compte aujourd’hui environ 1 million d’habitants.
Nous reprenons le car pour parcourir les 250 km vers le centre du Baïkal à travers un paysage de taïga et de collines, qui nous change de la steppe traversée en
train depuis l’Oural. Enfin, le bac : c’est l’occasion de nous dégourdir les jambes
et de prendre le grand air, puis 50 km de pistes jusqu’à Khoujir (prononcer
« Rougir »), le plus gros bourg de l’île d’Olkhon.
Longue de 70 km et large de 10 environ, l’île est la perle du lac, lequel fait 630 km de long pour 80 de large. Sa superficie de 31 500 km2 en fait le 6e lac au monde, mais c’est le 1er par son volume: faille d’origine tectonique, sa profondeur atteint 1 637 m près de l’île, et son volume est l’équivalent de celui de la mer Baltique ; d’ailleurs, les Russes l’appellent « la mer ». De fait, les océans Arctique et Pacifique se situent à plusieurs milliers de km, il n’y a pas d’autre endroit pour voir la mer ! Avec ses 25 millions d’années, c’est aussi le plus ancien lac au monde.
Nous nous installons à l’auberge de Nikita Bencharov www.olkhon.info/fr, constituée de nombreux bâtiments en bois sculpté. Une surprise nous attend : le guidephotographe Nicolas Pernot nous accueille en français.
Nous prenons le thé au restaurant (le « bistro français » est fermé à cette heure), avant de nous répartir dans les isbas (un coin toilette avec douche et WC pour deux chambres). Nous comprendrons plus tard le luxe de cette modernité, car traditionnellement il n’y avait pas d’eau courante dans un pays où la température descend au-dessous des -40°C l’hiver !
Après le repas servi à une heure précise, comme dans nos refuges de montagne,
nous allons admirer le coucher du soleil sur les bords du lac. La vue est superbe sur le cap Boukhane et sa plage, où se trouve une roulotte marquée « banya » : on peut directement sauter de la fournaise du sauna dans le lac ! Pour l’instant, l’eau est à 14°C, mais l’hiver, il ne faut pas oublier d’avoir creusé son trou dans la glace avant
de sauter …
2 septembre, quartier libre. Grâce à Nicolas, nous nous faisons déposer après 15 km de piste vers le nord, au cap de Khalagai qui surplombe le lac de 561 m, pour
faire le retour à pied. Promenade très agréable, sur un sol de sable et de
lichens,moelleux comme un tapis. Nous longeons le rocher Edor qui présente un profil de phoque, et longeons les plages, avec quelques maisons de vacances et hôtels regroupés en hameaux au milieu des mélèzes.
L’air est pur et léger, la température douce, le calme envoûtant. La partie finale dans le sable est un peu plus fatigante, mais nous profitons de la vue sur le ‘rocher chamane’ (skala chamanka), à l’opposé de la vue habituelle du cap Boukhane
depuis Rougir. Dans les mythes bouriates, Olkhon abrite les esprits du Baïkal :
le Khan Hoto Babai y est descendu du ciel sous l'aspect d'un aigle royal à tête blonde, et son fils est le premier homme à être devenu chamane. L'île d'Olkhon est le sanctuaire des chamanes du nord. Les corps des chamanes étaient jadis brûlés sur skala chamanka.
Au dîner : tranches d’omoul, le poisson du lac, de la famille des salmonidés. Pendant la guerre, il était pêché par les zeks (les prisonniers du goulag) pour ravitailler les armées. Le port de pêche est toujours actif, mais ne se visite pas. Pour les photos, je me rabats sur les vaches qui parcourent la rue principale ( l ’avenue Lénine) en
rentrant librement à leur étable, parfois accompagnées d’une gamine depuis le centre du bourg. Les chiens aussi errent en liberté, et ne sont pas agressifs, sauf entre eux, car ils se battent.
3 septembre : Nous nous partageons en 2 groupes : l’un part en bateau vers le nord de l’île, l’autre en car – nous échangerons au retour.
Nous longeons les falaises marbrées et cherchons à découvrir dans les profils des rochers les formes qui ont valu à l’île sa réputation chamane
Ceux qui sont partis en car profitent d’un arrêt chachliks (brochettes), tandis que le repas servi dans le bateau qui tape dans les vagues n’attire guère les excursionnistes…
Par contre, les éclairages de la matinée étaient plus propices à la photographie : chacun y a trouvé son compte !
Au retour, nous faisons de nombreux arrêts pour visiter, par la terre,
les caps et les falaises décorés de rubans multicolores placés dans
les arbres et les rochers. Nous apercevons dans les steppes des troupeaux de chevaux sauvages, par contre nous n’avons pas eu la chance de voir de phoque, le fameux nerpa qui vit en eau douce.
4 septembre : Rassasiés de calme et de beauté, nous repartons pour Irkoutsk,
afin de prendre le train de nuit pour Oulan Oudè. Nous retrouvons Irkoutsk sous un soleil de fin d’après-midi, et profitons de quelques heures de battement pour aller
pique-niquer dans un parc le long du fleuve Angara. Intriguées, deux femmes (la mère et la fille, qui habitent le quartier) m’adresseront la parole à la fin du repas, mais refuseront le coup de vodka que je leur propose…
Platzkart’ (« carte de place », c.-à-d. « réservation ») : c’est en « troisième » que nous passerons la nuit. Voiture sans compartiment : d’un côté de l’allée, et perpendiculairement : 2x2 couchettes superposées, avec un étage supplémentaire pour mettre les affaires (matelas, oreillers) ; de l’autre, dans le sens de la longueur : deux couchettes superposées, mais une seule est occupée par une jeune femme de type mongole qui, ordiphone ramassé et affaires soigneusement rangées, ne tarde pas à s’endormir. Tout comme l’ensemble de la voiture, quasiment pleine, où règnent le calme et la discipline naturelle. Nous sommes loin de l’indiscipline européenne !
5 septembre : Oulan Oudè [la Porte Rouge], capitale de la Bouriatie, ville de 400 000 habitants à 5650 km de Moscou, où le Transsibérien se divise pour aller vers Vladivostok ou Beijing. Nous laissons nos affaires à l’hôtel Bouriatia (ancien hôtel Intourist, situé en plein centre), et prenons une douche – du moins ceux situés dans les étages du milieu, qui ont été rénovés; au 11ème, la vue est plus grandiose, mais l’eau plus improbable !
En car pour le datsan d’Ivolginsk, à 30 km à l’ouest, le plus grand monastère bouddhique de Russie. La Bouriatie, une des républiques de la Fédération de Russie, a en effet la réputation d’une grande tolérance religieuse : chamanisme, bouddhisme (en provenance de Mongolie), religions chrétiennes, orthodoxes et schismatiques,
venues d’Europe : tout le monde se côtoie. Il faut dire qu’avec une superficie des 3/5ème de la France pour seulement 1 million d’habitants, ils sont au large !
Déjeuner au restau libreservice à l’entrée du musée ethnographique : chacun choisit
les chachliks qu’il désire et paie à la caisse. Nous profitons du beau temps pour déjeuner à l’extérieur sous la tonnelle, les serveuses annoncent les numéros
marqués sur les tickets de caisse. Les chachliks de poulet sont moins chers que
ceux de porc, mais le goût est le même, preuve que les problèmes de pénurie
(« défitsit ») sont traités autrement qu’à l’époque soviétique !
La visite du musée nous conduit des tentes d’indiens aux yourtes puis aux maisons de bois traditionnelles, pour finir avec les maisons des « vieux croyants » peintes aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur.
Et où étaient logés les esclaves (les « âmes » disait Gogol) ?
dans des cabanes, hors desmurs qui protègent la propriété.
A Oulan Oudè, manifestation de jeunes sur la place du centre, dominée par l’immense tête chauve de Lénine : ils préparent un concert de rapp.
Nous profitons du temps superbe pour arpenter l’artère centrale, désormais piétonne.
J’en profite pour entrer au ÇUM (magasin universel central) : le bâtiment est
rénové , mais n’attire guère les clients ! Le soir, nous dînerons dans un restau du centre, en choisissant des plats régionaux.
A la sortie, la place est vide : les Bouriates se couchent tôt ! Je croise les jeunes Français dont j’ai fait la connaissance à la gare, et qui reviennent d’un stage de
vétérinaires en Mongolie.
septembre : Nous sommes pris en charge par l’association des Vieux-Croyants de Tarbagatay, venue nous chercher à l’hôtel. Le « village des marmottes » est à
une trentaine de km au sud, dans un pays vallonné au bord de la rivière Selenga qui se jette dans le Baïkal. Petit déjeuner copieux, puis nous sommes accueillis par
le pope qui nous fait visiter le musée qu’il a créé : crânes de mammouth et d’auroch à l’entrée, habits et outils du XIXè s. Nous visitons l’église reconstruite il y a une dizaine d’années. Car les bolchéviques n’ont pas fait de quartier non plus dans cette région, pourtant si éloignée de Pétrograd : tous les popes assassinés, dix ans de goulag
pour celui chez qui on découvre un objet religieux. Nous reprenons le minibus
pour nous rendre au quartier« des Dix » et être reçus dans la maison de l’association
Chants, danses, simulacre de cérémonie de mariage, pas facile de tout traduire mais les mimiques sont suffisamment expressives !
En visitant la maison associative,nous recevons des compléments d’explication sur
l’histoire des « Vieux Croyants » (en russe : « vieuxritualistes »).
Au milieu du XVIIè s., le patriarche Nikon cherche à rapprocher les textes et les
rites de l’église russe, issus du monastère de Stoudios, de la règle de Jérusalem en vigueur à Constantinople.
Pour sa part, le tsar Alexis ambitionnait de devenir empereur byzantin, et cela impliquait d’uniformiser la religion. Il s’ensuivit un schisme (« raskol », en russe, d’où « raskolniki »). Les tenants de l’ancien rite furent persécutés dès 1685, jusqu’en 1905. Les uns s’enfuirent à l’étranger, les autres en Sibérie, où l’influence de l’église et de l’état était moindre.
Ceux de Tarbagatay ont été déportés de Pologne et de Lituanie sous le règne de la Grande Catherine, d’où leurs coiffes occidentales. Leurs costumes colorés sont
rehaussés de rubans de soie, la région étant proche de la Route de la soie.
Puis banquet arrosé de samogon (gnôle fabriquée maison), chansons russes et françaises, lancées par Michel, avant de visiter le village. Les gens nous invitent à entrer chez eux ; même les palissades
de jardins sont couvertes de peintures naïves aux couleurs vives : il faut de la gaieté pour supporter le long hiver !
Les pains, cuits dans le poêle, sont sortis sous nos yeux et embaument la pièce. La modernité n’a pas chassé la tradition, chacun chez soi mais une vie communautaire active, on prend ce qu’il y a de mieux pour survivre dans ces contrées rudes,
loin des idéologies. 
Nous sommes répartis chez les membres de l’association.
Nous nous retrouvons, ma femme et moi, au bout de l’avenue Lénine, dans la famille
Cerise. Léna travaille au centre culturel municipal, et fait partie d’une autre association
folklorique. Fiodor est chauffeur dans un orphelinat. Roman, ado, vit à la maison, tandis que le fils aîné, marié et père d’un enfant, vit à l’autre bout du village.
Avant de dîner, visite des tinettes (cabane de bois au fond du jardin), puis le bain : une chaleur sèche me brûle les poumons et me cuit la peau, je verse de l’eau sur le banc et m’allonge, puis une louche sur la tête, et une autre …
mais je n’en puis plus : je sors de l’enfer, après m’être débarrassé des toxines par sudation. Repas en famille, chacun raconte son mode de vie. Je propose d’aider à
faire la vaisselle, mais Léna décline : pas facile sans évier ni eau courante !
Par contre, télé à écran plat et ordinateur, et des ustensiles qu’on ne connaît pas, comme pour chauffer la kacha (la bouillie). Quand il s’agit de se coucher, nous occupons le salon et le couloir, tandis que la famille s’entasse dans le grand lit commun de la chambre. Les Russes ne font pas de chichis !
7 septembre : Départ en car pour le site Mirkits. Chaussures de marche de rigueur, ce
site naturel qui domine la Selenga culmine bien 300 m audessus de la steppe. Les Mirkits avaient eu la mauvaise idée de séquestrer l’épouse de Gengis Khan, alors que tout jeune il avait dû s’enfuir à la suite d’un combat, n’étant pas assez riche pour lever une troupe.
Il revint l’année suivante avec sa troupe, et fit le siège pendant près d’un an de cette
citadelle naturelle quasi imprenable, avec des grottes pour garder la viande au frais et des puits pour l’eau.
Pendant que nous randonnons, nos accompagnateurs préparent les chachliks, et nous déjeunons dans la gaieté.
Puis nous revenons chez nos hôtes nous reposer avant le banquet final.
Nous faisons connaissance dans la voiture de la fille de Sergey, 2 ans et un peu endormie.
Mais quand la fête commencera, elle sera parfaitement éveillée, et mangera de bon appétit !
Après les chants russes et bouriates, Michel nous honore d’un air d’opéra, puis nous reprenons en coeur quelques rengaines dans une atmosphère amicale.
8 septembre : Temps gris et froid pour rejoindre l’aéroport de Oulan Oudè. 5 h de vol pour Moscou dans un Iliouchine plein, attente à Shérémét iévo (déjeuner, et cartes postales à écrire), puis retour à Marseille où, ma foi, il fait plutôt frais en comparaison de la Russie !
En guise de bilan : La Russie évolue à toute vitesse, riche de ses ressources pétrolières, gazières et minières.
La place Rouge a perdu de sa superbe, on y respire un air de liberté.
Le Transsibérien a perdu de son aura : l’avion est moins cher que le train pour les longues distances. En tout cas, il faut éviter le train mongol « Ulan Bator-Moscou ».
Une fois quittée Moscou, on ressent mieux la Russie traditionnelle: la vie y est plus calme. Mais face aux 3 milliards d’Indiens et de Chinois, le vide de la Sibérie (30
millions d’habitants) est gros de conflits futurs. La période de l’année était parfaitement choisie : après la rentrée des classes effectuée en Russie au 1er septembre, la place est disponible pour les touristes. On peut encore espérer de belles journées ensoleillées (il y a 300 jours de soleil par an, comme à Marseille).
Merci à Caline et Patrick de nous avoir accompagnés dans ce voyage varié, tant par les paysages que par les rencontres ; rendez-vous peut-être avec Nicolas Pernot
pour une projection de photos originales du Baïkal, le 12
décembre à Aix ?

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