Le chien pie qui court au bord de la mer

Le 16 et le 19 janvier 2017 Datcha Kalina vous a présenté, dans le cadre des ateliers d’échanges organisés par la ville d’Aix-en-Provence, Le chien pie qui court au bord de la mer. D’après le roman de Tchinguiz Aïtmatov, Pegij pjos, beguschij kraem morja, traduit du russe, adapté et mis en scène par Vadim Khomudaev et joué par la compagnie amateur Pierre de Touche.

 

Elles étaient quatre le 16 janvier au lycée Cézanne devant un amphithéâtre rempli de lycéens et de professeurs. La cinquième les a rejointes pour la représentation du 19 janvier, à l’Espace Jeunesse. Luba, Ksenia, Marina, Valerija et Oksana étudient le français à l’Université de Iakoutsk depuis seulement trois ans. Elles sont venues en France pour finir leur licence et parfaire leur français. Elles ont présenté Le chien pie qui court au bord de la mer en 2015 lors du Festival Francophone à Moscou, et ont remporté le Masque d’Or pour leur interprétation et leur prononciation parfaite. Car c’est bien en français que les étudiantes jouent cette adaptation du roman d’Aïtmatov.

 

Pegij pjos, beguschij kraem morja n’avait pourtant jamais été traduit. Vadim l’a adapté, mis en scène et traduit lui-même pour cette occasion et en a tiré cette pièce d’environ quarante minutes. Il n’en est pas à son coup d’essai. Datcha Kalina a déjà eu l’occasion de travailler avec ce professeur qui enseigne le français et le latin à l’université. Quant aux raisons qui ont conduit à ce choix, inutile de les chercher bien loin : « C’est juste que j’aime beaucoup cet auteur, »  répond Vadim, la simplicité en personne.

 

« Cet auteur », Tchinguiz Aïtmatov, est né en URSS, en 1928, dans l’actuel Kirghizstan. Une enfance difficile, l’assassinat de son père par le régime stalinien lui confèrent une écriture puissante, encore enchantée par les coutumes et les traditions des provinces et qui se méfie du progrès. En 1959, sa nouvelle Djamilia est traduite par Aragon qui affirme qu’il s’agit de « la plus belle histoire d’amour du monde ». Ce succès contribuera à le lancer sur la scène internationale. En Union Soviétique, ses œuvres reçoivent de nombreux prix et sont largement adaptées à l’écran.

 

Le chien pie qui court au bord de la mer raconte l’histoire d’un petit garçon issu du peuple Niykhi, vivant au Nord-Est de la Yakoutie au bord de la mer d’Okhotsk. Kirisk, accompagne pour la première fois son père, son oncle et son grand-père à la chasse au phoque. Tandis que leur kayak s’éloigne de la rive, le grand-père explique à Kirisk comment s’orienter une fois disparue la falaise du Chien Pie qui marque l’emplacement du village. « Il faut observer les étoiles. » Cependant, alors que les hommes repartent en mer après la chasse, une tempête éclate. Lorsqu’elle cesse, le brouillard s’est installé. Ni Soleil, ni étoile qui leur permettent de retrouver leur chemin. Leur dernier espoir est de guetter le passage d’une chouette volant vers le rivage. Mais aucune chouette n’apparaît et l’eau et la nourriture viennent à manquer.

 

Les jours passent. Le brouillard ne se lève pas, les trois adultes ne boivent plus pour préserver l’enfant, puis se suicident chacun leur tour. Finalement, Kirisk, resté seul sur la barque, aperçoit une chouette, puis une étoile qui scintille : le brouillard s’est levé. Le garçon donne le nom de son père à l’étoile pour qu’elle ne disparaisse pas et rame vers le rivage.

 

En quelques minutes la tension dans la salle est montée, portée par le chant traditionnel iakoute de la femme-poisson, à l’origine du peuple Nivkhi qui salue la mort du grand-père, passé par-dessus bord. Les envolées de l’oncle maudissant le brouillard et les sages discours de l’aïeul donnent à la pièce un rythme enlevé qui termine sur une note d’espoir et de renouveau : le garçon, devenu un homme, rentre chez lui, ses parents survivants dans son cœur et dans les éléments qui l’entourent. La pièce se termine et, après trois salves d’applaudissements, les étudiantes prennent le temps de répondre aux nombreuses questions que les spectateurs, jeunes et moins jeunes, se posent. D’elles, nous apprenons par exemple qu’en ce moment en Yakoutie il fait environ -40 degrés, que le soleil se lève à neuf heures et se couche à seize heures, que les bâtiments sont construits sur pilotis qui leur confèrent une plus grande stabilité. Car la terre est gelée sur parfois plusieurs centaines de mètres de profondeur. On appelle cela le permafrost : le sol qui ne dégèle pas.  

 

Après une longue discussion autour d’un verre de l’amitié, c’est finalement l’heure de se quitter. Tous repartent avec le rêve d’un voyage dans l’étendue infinie de ces paysages glacés et gardant en mémoire cette belle image d’amitié entre les peuples.

 

Merci au lycée Cézanne et à l’Espace Jeunesse à Aix-en-Provence pour l’accueil chaleureux qu’ils ont réservé à nos étudiantes. Merci également à la ville d’Aix-en-Provence qui leur a délivré un magnifique diplôme d’honneur. 

 

                                                                                                                  Par Philie ARNOUX

Interprétation

Kirisk (un garçon de dix ans) - Lioubov Stepanova
Milgoun (oncle de Kirisk, frère cadet d’Emraïn, fils d’Atkichikh) - Marina
Kissiliakhova

Emraïn (père de Kirisk, frère ainé de Milgoun, fils d’Atkichikh) - Kseniia Luginova
Atkitchikh (Un vieux, grand-père de Kirisk, père de Milgoun et d’Emraïn ) –
Valeria Grigorieva


Ingénieur du son
Simon Ammossov


Mise en scène
Vadim Khomudaev

Présentation au Lycée Cézanne

Présentation à l'Espace Jeunesse

Troupe "Pierre de Touche" reconnue par la ville d'Aix

Jeudi 19 janvier 2017, les étudiantes yakoutes ont présenté en costumes traditionnels la pièce de Tchinguiz Aitmatov au théâtre de l’Espace Jeunesse.

A l’issue de la représentation et après un repas dans une ambiance chaleureuse, les diplômes de Datcha Kalina et de la ville d’Aix ont été remis aux étudiantes en présence de leur professeur de l’université de Yakutsk.

C’est avec une grande joie et une grande fierté que ces étudiantes emportent dans leurs valises après un séjour de six mois à Aix les diplômes d’honneur de la ville d’Aix-en-Provence.

L’association Datcha Kalina remercie en leur nom madame le maire, la ville d’Aix et les relations internationales.

Troupe "Pierre de Touche" à la Datcha

Les Nivkhes

 

(aussi nommés Nivkh ou Guilyak / Gilyak) sont un peuple
indigène de Russie habitant l'estuaire du fleuve Amour et l'île de Sakhaline.

Chien Pie - une montagne au bord de la mer d’Okhotsk

Retrouvez toutes les vidéos de la Datcha Kalina sur Youtube.

Cliquez sur le lien

Youtube/DatchaTV

Retrouvez-nous sur :

Blog Datcha Travel

Nos coordonnées

Datcha Tavan 

(accueil, permanence, cours de russe, Datcha Shkola )

17 rue Emile Tavan, porte 1

13090 Aix-en-Provence

Voir les horaires de permanence

Veuillez confirmer votre visite

au 06 48 30 16 25

ou par mail tokovaya.datcha@gmail.com

 

La Datcha Kalina

315, Chemin des Petites Fourques 13510 Eguilles

04 42 92 68 78 

06 20 97 35 68

Email : contact@datcha-kalina.com

N'hésitez pas à utiliser notre formulaire de contact.

 

Patagez-le site sur :

SPONSORS ET PARTENAIRES

+

Sorties Russes

Partagez avec nous des moments agréables!

Films, conférences, sorties etc.

 

Je jette un oeil

Inscription à la NEWS LETTER

Ne manquez plus aucun évènements!